Qualiopi 2026 : ce qui change le 1er novembre 2026

La certification Qualiopi évolue.

Qualiopi 2026 marque une nouvelle étape pour les organismes de formation. Le décret n° 2026-728 du 1er août 2026, publié au Journal officiel du 4 août 2026, actualise le Référentiel national qualité (RNQ) sur lequel repose la certification Qualiopi. Il entrera en vigueur le 1er novembre 2026.

Les 7 critères Qualiopi sont maintenus, mais les exigences qui permettent de les apprécier évoluent. Le référentiel compte désormais 33 indicateurs, contre 32 auparavant.

Au-delà de ce nouvel indicateur, le décret traduit une évolution plus profonde : davantage de transparence, de traçabilité et de preuves sur la réalité des formations délivrées et sur leur qualité.

Pour les organismes de formation, et particulièrement ceux qui proposent des formations à distance, plusieurs changements méritent une attention immédiate.

1- Une information sur les formations plus précise et surtout vérifiable

Le critère 1 est renforcé.

L’information mise à disposition du public doit désormais être accessible, détaillée et vérifiable. Elle doit notamment préciser les prérequis, les objectifs, le type de reconnaissance délivrée, la durée, les modalités pédagogiques et de financement, les délais d’accès, les tarifs, les contacts, les méthodes mobilisées, les modalités d’évaluation et l’accessibilité aux personnes en situation de handicap.

Le décret précise également que la communication ne doit comporter aucune mention susceptible d’induire le public en erreur.

Cette évolution appelle une vigilance particulière sur les fiches de présentation des formations : ce qui est annoncé doit pouvoir être démontré.

Elle rappelle également une distinction importante : Qualiopi certifie le processus mis en œuvre par le prestataire de formation ; il convient donc d’être précis dans l’utilisation de formulations telles que « formation certifiée Qualiopi ».

2- Les taux de réussite et de satisfaction devront être transparents

Publier un taux de satisfaction ou un taux de réussite ne suffit plus.

L’indicateur 2 prévoit que le prestataire diffuse des indicateurs de résultats adaptés aux prestations et aux publics accueillis en précisant de manière transparente leurs modalités de calcul, ou en s’appuyant sur des dispositifs existants.

Pour un organisme de formation, cela signifie qu’un taux de satisfaction de 95 %, par exemple, doit être associé à une méthode de calcul identifiable : nombre de répondants, population concernée, période considérée, méthode utilisée, etc.

La donnée publiée doit devenir une donnée traçable et explicable.

3- Formation à distance : il faudra pouvoir prouver l’effectivité du suivi

C’est probablement l’une des évolutions les plus significatives pour les organismes proposant du e-learning.

Le nouvel indicateur 19 prévoit explicitement que :

« Lorsque des modules pédagogiques sont réalisés à distance, le prestataire vérifie l’effectivité de leur suivi par les apprenants. »

Cette formulation renforce considérablement l’importance de la traçabilité des parcours numériques.

Il ne s’agit donc plus seulement de mettre une formation à disposition ou de constater qu’un apprenant possède un accès à un espace de formation. L’organisme doit être en mesure de démontrer que la formation a effectivement été suivie.

Dans un environnement digital, cela peut notamment passer par la traçabilité de la progression, la réalisation des modules, le suivi des contenus, les évaluations, les quiz, les pré-tests et post-tests ou encore les données permettant d’attester la complétion du parcours.

De simples relevés de connexion ne suffit plus à démontrer l’effectivité du suivi.

C’est un changement important : la preuve numérique du parcours de formation prend une place centrale dans la démarche qualité.

4- Un référent pédagogique pourra devenir obligatoire pour certaines formations

Le même indicateur 19 introduit une autre évolution.

Au-delà d’un certain nombre d’intervenants par formation, le prestataire devra disposer d’un référent pédagogique par formation, chargé d’assurer la coordination pédagogique entre les intervenants.

Le seuil exact devra être fixé par arrêté.

Les organismes concernés devront donc être capables d’identifier le référent pédagogique associé à une formation et de démontrer son rôle dans la coordination des différents intervenants.

5- Les compétences des formateurs devront également être évaluées

Le critère 5 évolue lui aussi.

Le prestataire doit désormais déterminer, mobiliser et évaluer les compétences des différents intervenants internes ou externes en fonction des prestations réalisées.

La qualification d’un formateur ne doit donc pas uniquement être constatée au moment de son recrutement ou de son intervention.

L’organisme doit être capable de suivre l’adéquation entre les compétences de l’intervenant et les formations qu’il dispense.

CV, qualifications, expérience, domaines d’expertise, formations suivies et évaluations peuvent ainsi participer à la constitution des éléments de preuve.

6- La sous-traitance devient encore plus encadrée

Lorsqu’un organisme fait appel à un sous-traitant ou au portage salarial, il doit s’assurer du respect du référentiel et assurer la traçabilité de cette conformité dans les contrats de sous-traitance.

Cette exigence renforce la responsabilité de l’organisme donneur d’ordre.

Il devient donc essentiel de pouvoir identifier précisément les intervenants externes, les formations sur lesquelles ils interviennent et les éléments permettant de démontrer leur conformité aux exigences applicables.

7- La prévention des violences, du harcèlement et des discriminations entre dans le suivi des parcours

L’indicateur 12 est également renforcé.

En complément des mesures destinées à favoriser l’engagement des bénéficiaires et prévenir les ruptures de parcours, le prestataire doit s’assurer de la prévention et du traitement des situations de violence, violences sexistes et sexuelles, harcèlement ou discrimination dans le cadre de la formation.

Les organismes devront donc intégrer ces situations dans leurs procédures de prévention, de signalement et de traitement.

8- Satisfaction et évaluation pédagogique : deux choses désormais clairement distinctes

C’est une évolution particulièrement importante du nouveau référentiel.

Le nouvel indicateur 33 prévoit un dispositif d’évaluation des contenus et des enseignements par les apprenants, distinct du recueil général de satisfaction.

La distinction est fondamentale. Un questionnaire demandant simplement « Êtes-vous satisfait de cette formation ? » ne répond pas à la même finalité qu’une évaluation portant sur :

  • la pertinence du contenu ;
  • la qualité pédagogique ;
  • l’adéquation entre les objectifs annoncés et le contenu délivré ;
  • la qualité des enseignements ;
  • l’utilité des connaissances acquises.

Mais le décret va plus loin.

Les résultats de cette évaluation doivent être partagés avec les équipes pédagogiques, contribuer à une démarche formalisée d’amélioration continue et l’efficacité des actions entreprises doit elle-même être mesurée périodiquement.

On passe donc progressivement d’une logique de collecte d’avis à une véritable logique de pilotage de la qualité pédagogique.

9- L’analyse des risques entre dans l’amélioration continue

Autre évolution significative : l’indicateur 32.

Le prestataire doit toujours mettre en œuvre une démarche d’amélioration continue à partir de l’analyse des appréciations et des réclamations, mais il doit désormais également réaliser une analyse des risques sur la qualité des formations délivrées.

C’est une évolution importante de la philosophie du référentiel.

L’organisme ne doit plus uniquement réagir à un problème constaté. Il doit également être capable d’identifier en amont les risques susceptibles d’affecter la qualité d’une formation.

Cela peut concerner, par exemple, un taux d’abandon anormalement élevé, de mauvais résultats aux évaluations, un contenu devenu obsolète, des appréciations pédagogiques insuffisantes ou des difficultés récurrentes rencontrées par les apprenants.

Du contrôle documentaire au pilotage de la qualité

Pris séparément, certains changements peuvent paraître techniques. Pris dans leur ensemble, ils dessinent pourtant une évolution assez nette de Qualiopi.

Le nouveau référentiel renforce trois dimensions :

Mesurer : Il faut disposer de données permettant de suivre réellement les formations et les apprenants.

Prouver : Les informations communiquées, les résultats obtenus et le suivi des formations doivent être vérifiables.

Améliorer : Les données recueillies doivent servir à identifier les difficultés, évaluer la qualité pédagogique, analyser les risques et mettre en œuvre des actions d’amélioration.

Cette évolution est particulièrement importante pour la formation digitale, car les outils numériques permettent précisément d’automatiser une grande partie de cette traçabilité.

Comment Opero accompagne cette évolution de Qualiopi

Pour les organismes de formation, l’enjeu ne consiste pas seulement à disposer des documents nécessaires le jour de l’audit. Il s’agit de produire les preuves au fur et à mesure que les formations sont réalisées.

C’est précisément dans cette logique qu’Opero a été conçu.

La solution permet de centraliser la création, la diffusion et le pilotage des formations tout en conservant les éléments nécessaires à leur traçabilité : identité des apprenants, progression, suivi des modules, évaluations, pré-tests et post-tests, résultats, complétion, satisfaction, commentaires, attestations et données de suivi.

Avec le nouveau référentiel, plusieurs de ces fonctionnalités prennent une importance particulière : preuve du suivi effectif des formations à distance, mesure de l’atteinte des objectifs, distinction entre satisfaction et évaluation pédagogique, suivi des résultats et constitution des justificatifs nécessaires à l’audit.

L’objectif n’est donc plus de préparer les preuves Qualiopi au moment de l’audit. Elles doivent être produites et organisées tout au long de la formation.

C’est aussi une évolution de la philosophie d’Opero : transformer les obligations de conformité en un véritable outil de pilotage de la qualité de la formation.

À retenir

Le décret n° 2026-728 marque une évolution importante du Référentiel national qualité. Les 7 critères restent en place, mais le référentiel passe à 33 indicateurs et renforce les exigences de transparence, de traçabilité, d’évaluation et d’amélioration continue. Il entrera en vigueur le 1er novembre 2026.

Pour les organismes proposant des formations à distance, le message est particulièrement clair : être capable de délivrer une formation ne suffit plus ; il faut pouvoir démontrer son suivi, mesurer ses résultats et documenter son amélioration.

C’est probablement le changement le plus structurant à anticiper dès maintenant.

Source officielle : Décret n° 2026-728 du 1er août 2026 – Légifrance

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