La formation continue des professionnels de santé connaît une période de transformation. Entre le DPC, le FIF PL, l’ANFH, les OPCO, le CPF, les financements employeurs et l’arrivée progressive de la certification périodique, il n’est pas toujours simple de savoir qui finance une formation, dans quelles conditions et comment l’intégrer dans le parcours professionnel.
Il y a déjà un point important : le financement de la formation continue des professionnels de santé n’a pas encore basculé vers un nouveau système unique. En juin 2026, plusieurs circuits coexistent toujours.
La proposition de loi déposée le 23 juin 2026 pourrait en revanche modifier profondément cet environnement, mais à cette date elle est seulement déposée et renvoyée à la commission des affaires sociales : elle n’est donc pas encore applicable. les dispositifs actuels restent donc applicables
Il existe toujours financeur unique de la formation continue des professionnels de santé.
Le mode de prise en charge dépend du statut du professionnel, de sa profession, de son mode d’exercice, du type de formation suivie et de son éligibilité aux différents dispositifs.
Faisons le point.
Formation continue : les principaux financements en 2026
En fonction du statut du professionnel de santé, plusieurs dispositifs peuvent intervenir.
| Professionnel / statut | Financeur principal | Situation en juin 2026 |
|---|---|---|
| Professionnel de santé libéral éligible au DPC | ANDPC | Toujours actif |
| Professionnel libéral cotisant au FIF PL | FIF PL | Toujours actif |
| Médecin, pharmacien ou chirurgien-dentiste hospitalier public | Établissement + ANFH | Toujours actif |
| Personnel non médical de la fonction publique hospitalière | Établissement + ANFH | Toujours actif |
| Salarié d’une clinique ou d’un établissement privé | Employeur + OPCO Santé | Toujours actif |
| Professionnel suivant une formation éligible au CPF | CPF + abondements éventuels | Selon l’éligibilité de la formation |
| Professionnel finançant directement sa formation | Autofinancement | Toujours possible |
Cette diversité explique une partie de la complexité actuelle.
Deux professionnels exerçant la même profession peuvent ainsi ne pas disposer des mêmes possibilités de financement selon qu’ils exercent en libéral, à l’hôpital, dans une clinique privée ou dans une autre structure.
L’ANDPC et le DPC sont toujours en place en 2026
Contrairement à certaines interprétations liées aux projets de réforme en cours, le Développement Professionnel Continu et l’Agence nationale du DPC n’ont pas disparu en juin 2026.
L’ANDPC continue notamment de participer au financement d’actions de DPC pour les professionnels de santé libéraux et les salariés de centres de santé conventionnés entrant dans son périmètre.
Le professionnel doit respecter les règles d’éligibilité du dispositif et suivre une action enregistrée dans le cadre prévu par l’Agence.
Le DPC reste donc, à ce jour, l’un des dispositifs de la formation continue en santé.
Mais il n’est pas le seul.
Et c’est probablement l’un des changements de perception les plus importants à avoir : la formation continue d’un professionnel de santé ne peut pas être résumée à son seul parcours DPC.
Le FIF PL : un dispositif important pour les professionnels libéraux
Les professionnels exerçant en libéral peuvent également bénéficier, selon leur situation, d’une prise en charge par le Fonds interprofessionnel de formation des professionnels libéraux (FIF PL).
Le principe est différent du financement par l’ANDPC.
Les critères de prise en charge sont définis notamment en fonction de la profession et des orientations retenues pour l’année concernée. Des plafonds et conditions particulières peuvent s’appliquer.
Le professionnel doit donc vérifier que sa formation correspond aux critères applicables à sa profession avant d’engager sa demande de financement.
Le FIF PL représente ainsi un autre accès possible à la formation pour de nombreux professionnels de santé libéraux.
Une même personne peut donc être confrontée à plusieurs questions avant de choisir une formation :
Cette formation est-elle éligible au DPC ? Peut-elle être prise en charge par le FIF PL ? Puis-je utiliser mon CPF ? Dois-je la financer personnellement ?
La question n’est plus seulement « quelle formation suivre ? », mais également « comment la financer ? ».
À l’hôpital public : l’établissement et l’ANFH jouent un rôle central
La logique est différente pour les professionnels travaillant dans la fonction publique hospitalière.
Les établissements disposent d’un plan de formation permettant de financer la formation professionnelle de leurs agents.
Les établissements publics de santé consacrent une partie de leur masse salariale à la formation. Les financements peuvent prendre en charge différents coûts liés à la formation selon le dispositif concerné : frais pédagogiques, déplacements ou hébergement notamment.
Les établissements consacrent au minimum 2,1 % des rémunérations au plan de formation. Ce financement peut couvrir le coût pédagogique mais également la rémunération du professionnel pendant la formation, les déplacements et l’hébergement.
L’Association nationale pour la formation permanente du personnel hospitalier (ANFH) joue un rôle majeur dans cet environnement pour les établissements adhérents.
Des dispositifs spécifiques existent également pour les professionnels médicaux hospitaliers.
Pour un hôpital ou un groupement hospitalier, la problématique devient alors différente de celle d’un professionnel libéral.
Il faut pouvoir :
- identifier les besoins de formation ;
- proposer les actions adaptées ;
- suivre les inscriptions et les réalisations ;
- centraliser les justificatifs ;
- connaître les compétences développées ;
- disposer d’une vision du parcours de chaque professionnel ;
- anticiper les obligations réglementaires.
La formation devient ainsi un véritable sujet de pilotage des compétences et des parcours professionnels.
Dans le secteur privé : employeur et OPCO Santé
Dans les cliniques, établissements sanitaires privés et structures médico-sociales relevant de son champ, l’OPCO Santé intervient dans le financement et l’accompagnement de la formation professionnelle.
Là encore, les modalités de prise en charge varient en fonction de la branche, de la taille de l’entreprise, du type de formation et du dispositif mobilisé.
L’employeur joue un rôle essentiel à travers son plan de développement des compétences.
En 2026, l’OPCO Santé a par ailleurs fait évoluer certaines modalités de prise en charge.
Pour les directions et responsables de formation, le problème est finalement similaire à celui rencontré dans les établissements publics : comment disposer d’une vision claire et actualisée des formations réalisées par chaque professionnel ?
Et le CPF ?
Le Compte personnel de formation constitue une possibilité supplémentaire, mais toutes les formations professionnelles de santé ne sont pas automatiquement éligibles au CPF.
L’éligibilité dépend de la nature et du référencement de la formation.
Le CPF ne doit donc pas être considéré comme un financement automatique de la formation continue des professionnels de santé.
Selon les situations, il peut néanmoins compléter les autres mécanismes de financement ou permettre au professionnel de construire un projet de formation spécifique.
La certification périodique change progressivement la logique
Au-delà du financement, une autre transformation est en cours : celle de la certification périodique des professionnels de santé.
La certification périodique introduit une logique beaucoup plus globale du parcours professionnel.
Il ne s’agit plus uniquement de suivre ponctuellement une formation. Le professionnel doit progressivement pouvoir justifier d’actions correspondant aux différents objectifs prévus par son référentiel de certification périodique.
Ces actions sont organisées autour de quatre axes :
- actualiser les connaissances et les compétences ;
- renforcer la qualité des pratiques professionnelles ;
- améliorer la relation avec les patients ;
- mieux prendre en compte sa santé personnelle.
Cette évolution change la manière d’envisager la formation continue.
Un congrès, une formation universitaire, une action d’évaluation des pratiques professionnelles, certaines actions proposées par une société savante ou d’autres démarches professionnelles peuvent ainsi participer à la construction d’un parcours beaucoup plus large.
La question devient alors :
Comment conserver une trace structurée de toutes ces actions pendant plusieurs années ?
Une réforme du modèle de formation continue est désormais envisagée
Une nouvelle étape a été franchie le 23 juin 2026 avec le dépôt à l’Assemblée nationale d’une proposition de loi visant à simplifier le modèle de formation continue des professionnels de santé.
Le texte envisage des évolutions importantes de l’organisation actuelle.
Mais une distinction est essentielle : une proposition de loi déposée n’est pas une loi applicable.
En juin 2026, les dispositifs actuels continuent donc de fonctionner.
Il serait prématuré d’affirmer que l’ANDPC ou le DPC ont disparu.
En revanche, cette initiative législative confirme une tendance de fond : le système français de formation continue des professionnels de santé est en pleine évolution.
Les professionnels comme les établissements ont donc intérêt à se préparer à un environnement dans lequel la formation, l’évaluation des pratiques, les compétences acquises et la certification périodique seront de plus en plus liées.
Le véritable problème : un parcours dispersé entre plusieurs acteurs
Aujourd’hui, un professionnel de santé peut participer à un congrès organisé par une société savante, suivre une formation universitaire, réaliser une formation financée par le FIF PL, participer à une action DPC, suivre une formation proposée par son établissement ou encore réaliser une action entrant dans son référentiel de certification périodique.
Quelques années plus tard, il doit être capable de retrouver les preuves correspondantes.
- Attestation de participation.
- Certificat de réussite.
- Feuille d’émargement.
- Diplôme.
- Résultat d’une évaluation.
- Justificatif d’une action réalisée.
Et ces documents peuvent être dispersés entre des emails, le disque dur d’un ordinateur, différentes plateformes de formation, le service RH d’un établissement ou les espaces numériques de plusieurs organismes.
C’est précisément cette fragmentation qui constitue aujourd’hui l’une des difficultés de la formation continue.
Des solutions comme Opero : simplifie la formation et son suivi
Cette plateforme n’a pas vocation à remplacer les universités, les sociétés savantes, les organismes de formation, les établissements de santé ou les financeurs.
Elle a pour objectif de simplifier l’accès à la formation et le suivi du parcours de formation des professionnels de santé.
Le professionnel dispose d’un espace personnel dans lequel il peut progressivement retrouver ses formations et centraliser ses justificatifs.
L’objectif est simple : éviter d’avoir à rechercher plusieurs années plus tard les preuves d’une formation, d’un congrès ou d’une action professionnelle réalisée.
Pour les organisations de santé, Opero permet également de mieux structurer et suivre les parcours de formation de leurs professionnels.
Demain : savoir quelle formation suivre, mais aussi comment la financer
Une nouvelle étape consiste désormais à faciliter davantage l’orientation du professionnel.
Face à une formation, il devrait pouvoir comprendre rapidement :
- Cette formation correspond-elle à ma profession ?
- Peut-elle contribuer à ma certification périodique ?
- À quelle action de mon référentiel peut-elle correspondre ?
- Existe-t-il une possibilité de prise en charge ?
- ANDPC, FIF PL, employeur, ANFH, OPCO Santé, CPF : quel dispositif correspond à ma situation ?
L’intelligence artificielle peut contribuer à simplifier cette complexité en tenant compte du métier, de la spécialité, du statut professionnel, des formations déjà réalisées et des actions restant à accomplir.
À terme, le parcours pourrait ainsi devenir beaucoup plus personnalisé.
Vers un véritable parcours de formation continu
La transformation actuelle dépasse finalement la question du financement.
Le professionnel de santé a besoin de pouvoir suivre une chaîne complète :
Identifier ses besoins → trouver une formation → connaître les financements possibles → réaliser l’action → récupérer son justificatif → identifier les compétences acquises → rattacher l’action à son parcours → suivre sa certification périodique.
C’est cette continuité qui manque encore souvent aujourd’hui.
La formation continue des professionnels de santé reste en 2026 répartie entre de nombreux acteurs et dispositifs. Les réformes annoncées pourraient modifier cet environnement dans les prochaines années.
Mais quelle que soit l’évolution réglementaire, un besoin restera essentiel : permettre à chaque professionnel de santé de comprendre, construire et justifier simplement son parcours de formation tout au long de sa carrière.
