Le développement professionnel continu des professionnels de santé
Une réforme astucieuse et structurante
Cette réforme transforme en profondeur un système qui nécessitait de l’actualisation, elle redéfinit la manière dont les professionnels de santé appréhendent leur formation et leur pratique.
Jusqu’à présent, la formation continue reposait sur une logique relativement souple. Les médecins devaient se former, mais sans véritable structuration globale. Avec la nouvelle certification périodique, cette approche évolue vers un modèle plus exigeant, dans lequel chaque professionnel devra démontrer, à intervalles réguliers, le maintien de ses compétences et la qualité de ses pratiques. HAS
Un nouveau rythme dans la vie professionnelle des médecins
La certification périodique s’inscrit dans un cycle de 6 ans pour les médecins diplômés à partir du 1er janvier 2023.
Pour les professionnels déjà en exercice à cette date, une période transitoire de 9 ans est actuellement en cours.
À l’issue de cette première phase, l’ensemble des médecins sera soumis à un cycle unique de 6 ans.
Ce changement installe une logique de progression continue. La formation n’est plus une succession d’actions ponctuelles, mais un parcours structuré dans le temps, qui accompagne toute la carrière du praticien.
Une structure commune, des parcours différenciés
Au-delà des spécificités propres à chaque profession de santé, la certification périodique repose sur une architecture commune et particulièrement structurante. Quel que soit le métier exercé, tous les professionnels sont évalués selon les mêmes quatre grands blocs : actualisation des connaissances, qualité des pratiques, relation avec les patients et santé du professionnel. Cette homogénéité constitue l’un des fondements du dispositif, en garantissant un socle partagé de compétences et d’exigences à l’échelle du système de santé.
Pour autant, cette standardisation ne signifie pas uniformisation. Chaque profession, via ses instances représentatives, décline ces quatre blocs en actions adaptées à ses réalités de terrain, à ses pratiques et à ses enjeux spécifiques. Un chirurgien, un pharmacien ou un kinésithérapeute ne valideront pas leur certification de la même manière, mais ils s’inscriront tous dans une logique commune.
Enfin, un principe simple mais structurant encadre l’ensemble du dispositif : chaque professionnel devra valider un minimum de deux actions par bloc au cours de son cycle de certification. Autrement dit, au moins huit actions devront être réalisées sur la période. Cette exigence introduit une logique d’équilibre entre les différentes dimensions de la pratique, empêchant toute focalisation sur un seul aspect de la formation et favorisant une approche globale du développement professionnel.
Elle consacre une vision globale du métier, où la compétence ne se limite plus aux connaissances, mais intègre pleinement la qualité des pratiques, la relation humaine et la santé du professionnel lui-même.
La véritable transformation réside dans la manière dont est désormais définie la compétence médicale. La certification périodique repose sur quatre grands piliers qui élargissent considérablement le champ d’évaluation.
Le premier pilier concerne l’actualisation des connaissances et des compétences. Le professionnel de santé doit maintenir un niveau scientifique conforme aux données actuelles, mais aussi aux évolutions du système de santé et aux besoins du territoire.
Le deuxième pilier porte sur la qualité des pratiques professionnelles. Il ne s’agit plus seulement de savoir, mais de démontrer que l’on applique les recommandations, que l’on améliore ses pratiques et que l’on contribue activement à la sécurité des soins.
Le troisième pilier introduit une dimension essentielle : la relation avec le patient. La communication, l’éthique et la prise en compte des droits des patients deviennent des composantes à part entière de la compétence médicale.
Enfin, le quatrième pilier constitue une innovation majeure : la prise en compte de la santé du médecin lui-même. Suivi médical, prévention des risques psychosociaux et santé mentale s’inscrivent désormais dans le périmètre de la certification.
Les 4 blocs sont identiques pour toutes les professions en revanche, les actions permettant de valider ces piliers sont définies par chaque profession (via son CNP ou ses instances)
Voici un exemple de vue d’ensemble pour la médecine générale
De l’accumulation de formations à la logique de parcours
La certification périodique ne remplace pas les dispositifs existants comme le DPC ou la formation médicale continue. Elle les intègre dans un cadre plus structuré et plus lisible.
Ce changement est fondamental. Là où l’ancien système reposait sur une accumulation d’actions, le nouveau modèle valorise la cohérence d’un parcours. Chaque formation, chaque démarche qualité, chaque expérience professionnelle doit désormais s’inscrire dans une trajectoire globale.
La formation devient ainsi un levier stratégique, au service de la progression du professionnel de santé et de l’amélioration des soins.
Un impact majeur pour les acteurs de la formation
Pour les universités, les sociétés savantes et les établissements de santé, cette réforme constitue un véritable tournant. Il ne s’agit plus simplement de proposer des contenus, mais de construire des parcours certifiants, traçables et alignés avec les exigences réglementaires.
La formation entre dans une nouvelle dimension, à la croisée de la pédagogie, de la réglementation et de la qualité des soins. Les acteurs capables de structurer cette offre auront un rôle central dans l’écosystème de demain.
La digitalisation, condition de réussite du dispositif
Dans ce nouveau cadre, la digitalisation devient indispensable. La capacité à structurer les parcours, à tracer les actions, à mesurer la progression et à centraliser les données est désormais essentielle.
Les plateformes de formation nouvelle génération, comme opero.tv, permettent de répondre à ces enjeux en intégrant des outils d’évaluation, de suivi et d’analyse. Elles transforment la formation en un système piloté, mesurable et valorisable.
Une opportunité plus qu’une contrainte
La certification périodique pourrait être perçue comme une contrainte administrative supplémentaire. Elle est en réalité une opportunité.
Elle permet de professionnaliser la formation médicale, d’améliorer la qualité des soins et de valoriser les parcours des praticiens. Elle offre également aux institutions un cadre clair pour structurer leur offre pédagogique.
Au-delà de la réglementation, c’est une transformation culturelle qui s’opère. La formation médicale devient continue, cohérente et intégrée à la pratique réelle.
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